La rivière St-Maurice : une partie de mes repères

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Élevée à Shawinigan et y ayant passé toute ma jeunesse, la rivière Saint-Maurice a toujours fait partie de ma vie. Elle a bercé mon enfance et est liée à de multiples souvenirs! Toute jeune, je descendais dans la « coulée » derrière chez moi, traversais les rails du chemin de fer pour atteindre la rivière et m’y baigner. Quel plaisir de pique-niquer sur ses rives avec ma famille! Mon grand frère y a taquiné ses premiers poissons. Il devait faire attention de ne pas accrocher son hameçon en pêchant trop près des estacades!

Les « pitounes » qu’elles contenaient étaient le résultat du travail acharné de plusieurs générations de travailleurs forestiers, comme mon grand-père. Il a travaillé en forêt avec bonheur une partie de sa vie, alimentant la rivière de son lot d’arbres fraîchement abattus.

Malgré que la rivière a fait longtemps office de convoyeur géant pour l’industrie forestière (le flottage prendra fin seulement en 1995!) elle gardait toute sa majesté. Quels paysages elle nous offrait (et nous offre encore) sur la route de La Tuque avec ses parois encaissées et son parcours sinueux! C’est avec raison l’une des plus belles routes au Québec.

La rivière m’a aussi permis d’occuper un des emplois d’été que j’ai le plus apprécié : celui de guide touristique pour les installations hydroélectriques de Shawinigan. C’est à cette occasion que j’ai pleinement réalisée à quel point la Saint-Maurice avait façonné le destin de Shawinigan. En effet, au début du siècle, ses chutes étaient considérées comme les plus intéressantes en Amérique du Nord en termes de potentiel hydroélectrique. De plus, étant situé non loin des grands centres, Shawinigan avait tout pour plaire aux investisseurs. Fondée en 1898, la Shawinigan Water and Power y exploitera une première centrale en 1902 et fournira en électricité la ville de Montréal dès 1903, grâce à une ligne de transport de 50 000 volts, la plus longue et la plus puissante au Canada à cette époque!

La présence d’électricité a suscité également l’implantation de plusieurs autres industries gourmandes en énergie, dont la production d’aluminium. Cela nécessitera des agrandissements et l’installation de nouvelles centrales.

20160809_140855Plus étonnant encore, la Shawinigan Water and Power est à l’origine de l’organisation urbaine que l’on retrouve aujourd’hui dans les premiers quartiers de Shawinigan grâce à sa volonté de créer un espace urbain intéressant pour les citoyens. En effet, la construction des bâtiments a été effectuée suite à l’élaboration d’un plan d’urbanisme pour la ville. Depuis, bien de l’eau a coulé sous les ponts qui enjambent la rivière. La splendeur industrielle de la région s’est amoindrie, mais la rivière a été, et demeure, un moteur puissant de développement. L’industrie touristique et du loisir la mettent en valeur.  La Cité de l’Énergie en est un bon exemple, car elle permet de se replonger dans cette merveilleuse épopée et d’admirer le génie créatif de Bryan Perro qui intègre la rivière dans un spectacle haut en couleurs

Ce qui me rend encore plus fière aujourd’hui, c’est que grâce aux citoyens et municipalités riveraines ainsi qu’à l’industrie touristique, nous sommes maintenant en mesure d’en profiter de plus en plus. Le balisage de la rivière jusqu’à La Tuque, le développement de sports nautiques tout au long de son parcours et l’aménagement de ses berges nous redonnent accès à ce joyau inestimable. Profitons-en!

Isabelle Bordeleau

Profil de blogueuse : Isabelle Bordeleau

Isabelle Bordeleau

Que faites-vous dans la vie? 

Je suis agente de développement du territoire à la MRC de Maskinongé.

Quel est votre champs d’écriture dans ce blogue? 

Je traiterai de la rivière Saint-Maurice et du fait qu’elle est un énorme terrain de jeu et un repère.

Pour vous la Classique c’est …? 

Pour moi la Classique c’est une grande fête qui célèbre la persévérance et le courage!